Á la fin tu es las de ce monde toujours si NOUVEAU / Guy Delacour

Á la fin tu es las de ce monde toujours si nouveau

Á la fin tu es las d’errer d’une femme à l’autre

Á la fin ne sais-tu pas que la vase du dégoût toujours retombe et que rien ne sert de penser toujours remuer son eau

Croyance! Croyance! crient les multitudes Adorons nos veaux d’or Oublions! Oublions!

Et ce sont les courses folles de leurs villes hautaines pour insulter le bleu du ciel 

de leurs voyages en charters et en classes affaires pour prétendre détruire les nuages qu’ils n’ont pas Pauvres fous! su voir

Leurs fausses fêtes leurs morts de papes génuflexions honteuses et ignobles 

crachats de pensées d’esclaves et de maîtres les uns ne valant pas mieux que les autres tant que l’esclave accepte le maître tant que le maître est maître tant qu’il y a encore un seul maître encore un seul esclave alors par millions les esclaves reviendront par millions les maîtres reviendront 

Prodigieuses aventures des libérations marches vers un horizon infini marches sans fin marches admirables

Mais aujourd’hui parlent fort 

Les faux rebelles 

Les révolutionnaires ne croyant plus aux révolutions 

Les bureaucrates les bureaucrates 

Pensées petites

Amours de compromis

Révoltes mesurées 

Autres obéissances 

Nouvelles soumissions

Tout cela Tout cela

Tout cela t’obscurcit et tu es si fatigué si las Quand cela finira-t-il?

Ta nostalgie d’émotions infinies

Eux qui ne savent plus saluer le levain de l’être les perpétuels chants de vie riants le cœur ensoleillé

Insurrections! 

Insurrections!

Chaque homme qui du cauchemar d’une vie de serf se réveille enfin homme

Libre celui-là 

D’instinct et à jamais de mémoires même moquées il saura toujours ce que eux faux sages faux philosophes faux penseurs faux artistes faux révolutionnaires faux poètes ne comprendront jamais 

Un homme qui se découvre homme le devient

C’est une aube nouvelle parmi mille aubes nouvelles 

l’arbre qui fait la forêt fait la vie fait les planètes habitées C’est un rire d’allégresse infinie qui donne naissance aux voies lactées aux explosions d’univers qui naissent d’un simple atome réchauffé par le soleil du désir qui s’éveille

Tu t’es souvenu maintenant

Enfin maintenant tu sais que tu dois aller par delà la lèpre des choses t’enivrer de leur âme

Regarde Regarde comme cette eau du fleuve te sourit

 et douce caresse d’être te dit Il faut vivre Il faut vivre

– Je sais Tu n’en es pas toujours si certain Je sais

As-tu oublié ?

Ne sais-tu pas que tu devais vivre des poèmes ?

Comment as-tu pu t’ignorer à ce point toi-même ?

Comment as-tu pu taire ce cri enfouir ce cri presque le laisser mourir ?

Mais tu t’en souviens maintenant

Après tant de leurres tu conclus qu’il faut se méfier du Langage se méfier des mots

Et tu as ordonné au poème en toi  de se taire

de mourir

d’une mort à soi

d’une solitude à soi

Il est dur il est rude cet escalier à monter quand on n’est pas certain de pouvoir payer son loyer

Il est dur il est rude cet escalier à monter quand il faut vainement perdre sa vie dans des travaux sordides si mal payés 

si étouffeurs de l’espérance

Il est dur il est rude cet escalier à monter quand ta tête n’a plus que le souvenir de ton Amour qui ne te comprend pas ton Amour que tu ne comprends pas

Chaque marche compte pour deux et ton pas est si lourd si fatigué

Il est dur il est rude cet escalier quand l’amour n’en enchante pas la montée quand la porte s’ouvrira après avoir longuement frappé oui mais la salutation n’en sera que la discussion du prix le plus bas possible de ton travail

Il est dur il est rude cet escalier qui ne monte pas à la réunion d’hommes qui discutent les arcanes d’une liberté à conquérir 

Mais d’un salon embourgeoisé

D’un grand divan blanc 

Grand écran plasma 

Lecteur enregistreur dvd

Grand écran ordinateur mille GigaOctets

Console dernière génération

Très haut débit Internet 

TNT

Paraboles 

Satellites

Les comptes bancaires sont-ils bien assez gavés ? 

Combien ? Combien ta parole vaut-elle ? 

Il est dur il est rude cet escalier à monter et tu es si las de ce monde toujours nouveau et entre chaque marche un abîme de détresse s’ouvre sous toi

Ignorants du monde faux rebelles ils sont mécontents de tout ce qui n’est pas leurs seuls désirs ils veulent que le monde s’y plie mais en vérité déjà déjà leur absence de désir de comprendre ce qui est 

Les prépare à la soumission aux désirs du monde dont ils ne seront plus que les derniers et plus pitoyables encore des défenseurs encore plus falots dans une chaîne honteuse de dégradations successives  dans la non révolte

Et pourtant 

Tout bouge

Tout sent

Tout frémit

Tout crie

Pousse ton cri

toi aussi

N’es-tu pas revenu des ténèbres ?

N’as-tu pas tenu entre tes bras le corps de l’aimée entre tous ?

et ce jour-là la mort en toi a tout submergé

Comme quand les mers meurent et les beaux fleuves à la moire si satinée et si douce au regard s’enfuyant laissent la désolation des carcasses des voitures, des caddies de supermarchés et des pires immondices jamais laissés par les hommes outrages à la vie

Rappelle-toi

Tout crie 

Comme le grand jour le jour ancien entre tous les jours anciens le jour où des plus profondes ténèbres surgit puissant le grand cri de l’Être perçant le Néant 

Alors de terrifiantes ondulations remuèrent les tréfonds des mondes naquirent les soleils naquirent les planètes et enfin vinrent les puissantes et obscures germinations  des montagnes et des océans et des fleuves et des plaines

Êtres de paille nous sommes créatures à jamais de hasards vies incompréhensibles passants falots balancés en tous vents 

à peine et si légèrement ancrés dans le bitume des ponts secoués hystériquement par des puissants vents ivres de destruction de tout

Destinés à la chute dans l’éternité de l’oubli

À être jetés dans la gueule de la mort

Freiner d’une seconde la disparition définitive dans un immémorial océan de temps n’est qu’une amère illusion une pitoyable raillerie à soi-même 

Amer et horrible rictus

Nul ne peut être poète s’il ne s’assied au pied d’un très vieil arbre son seul abri et semaines et mois le faisant enfin devenir de l’intérieur arbre, et que cet arbre semaines et mois le font devenir de l’intérieur toi

Aujourd’hui

Tu sens cette immense extase poétique d’être au monde

Tu sens chacune de tes feuilles, tu sens cette feuille dans sa totale et irréductible unicité

B.L.C,city _______

كاتب وشاعر وفنان تشكيلي وباحث في علوم النقد الأدبي والفني ومترجم

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