PAROI CONTINUE / LUDWIG ZELLER

Paroi continue

Je me demande si je suis tombé dans un piège. Il n’y a pas de lumière
En haut passent des nuages arrachant des racines .
Je ne sais si j’ai toujours été dans cet endroit
Si le soleil m’y amena un jour, si les cheveux peuvent
Parfois pousser au-dedans, le regard se retourner
A l’intérieur de l’œil, le cri redevenir silence.
Est-ce qu’il pleut ? Quelqu’un pleure mais je ne l’écoute J?aS,
Seuls quatre murs m’entourent, seuls quatre paysages
Qui ne changent pas en leur ondulation d’épines poussiéreuses.
Parfois je me souviens et je tourne en rond
Je grave sur les rochers des signes que les flammes
Dévorent sans comprendre ce que j’écris
Comme l’oiseau chante en indiquant la route
A la bande, parcourant cette carte d’invisibles
Horloges qui palpitent et mugissent en culbutant
En rompant les arêtes sonores du polyèdre.
De quel tonneau de sel, de quelle racine venons-nous
Si le sang s’attriste dans les moulins
Si les pierres là-haut’ sont également assujéties,
Si l’éternel-infini est uniquement un songe sur nous,
Si nous ne sortirons jamais, si le néant est la porte
Et l’oiseau Roc un temps de pupilles semblables ?

ÉPILOGUE

La plupart des poèmes qui composent ce livre furent écrits entre 1 971 et
1 972 à Toronto. Celui qui prend un livre n’atteint pas toujours l’homme.
C’est un moment difficile, hérissé d’épines et de questions, celui auquel doit
faire face un poète qui change de pays et de langue. Alors ce n’est pas à
l’homme que l’on touche mais à une blessure. J’avais auparavant publié cinq
livres de poésie, un tome de collages, et présenté huit expositions individuelles.
Toutefois, ces poèmes et leurs indécisions signifièrent pour moi un recom-
mencement.
Voici la réponse à une question que l’on me pose très fréquemment. Je suis
né en 1 927 dans le désert d’Atacama au nord du Chili. Ces poèmes et ces
collages seraient autres s’ils avaient pris naissance dans une ambiance diffé-
rente. Mon œuvre adhère entièrement au surréalisme et c’est l’expression de
celui qui pense que par hasard nous continuons à vivre dans un désert où
la vie n’est que la peau d’un mirage.

Ludwig Zeller
Trad. Thérèse Dulac Gutiérrez

B.L.C,city _______

كاتب وشاعر وفنان تشكيلي وباحث في علوم النقد الأدبي والفني ومترجم

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