Argot et langue verte De Vermot aux mots verts / Richard Khaitzine

Argot et langue verte
De Vermot aux mots verts

                                        Pour mon ami Jean-Jacques Dubost,
                                         petit-fils du génial et talentueux Gaston Leroux.
                                          Affectueusement,
                                                                Richard Khaitzine


                                                                              Chasteaufort
                                 Tu parois, Dieu me damne, bien gaillard pour n’avoir pas disné.
                                                                             Gareau
                                  Dix nez ? Qu’en fera-je de dix ? il ne m’en faut qu’un.
  • Le Pédant joué –
    Hercule Savinien Cyrano de Bergerac

La référence incontestée en ce qui concerne les blagues idiotes, les calembours et autres jeux de mots douteux, ou mots verts, demeure un almanach cocardier, misogyne, colonialiste et, pour tout dire, l’un des plus beaux fleurons de la culture franchouillarde. Il fut créé le 1er janvier 1886, par Joseph Vermot, ce qui ne s’invente pas. Cet almanach Vermot, autrefois, dans nos campagnes, finissait fréquemment par être « lu d’un derrière distrait », selon le mot du regretté Henri Jeanson, dans la petite cabane au fond du jardin. Pas celle du bucolique Francis Cabrel, plutôt celle évoquée par l’impertinent et facétieux Laurent Gerra au sein de sa parodie.

Évoquer ces lieux d’aisance pourrait sembler d’un mauvais goût absolu ici. Mais vous pouvez être sûrs que le puritain – en apparence seulement – Raymond Roussel (1877-1933) et le malicieux Georges Perec (1936-1982) auraient été réjouis de cette entrée en matière. Il est vrai que, l’un comme l’autre, ils évoquèrent ces commodités rustiques, dont la porte s’orne d’un losange ajouré… on se demande bien pourquoi ? Ce cabinet champêtre, ce cent – puisque tel est son nom, conformément à ce que nous en disent les dictionnaires – est signalé par un rhombe. Le mystère s’épaissit et nous aurions tous aimé qu’il aille s’éclaircissant. Roussel y fait une allusion discrète dans Les Nouvelles Impressions d’Afrique :
« …dans certain corridor,
Pour deux chevrons pointe en bas proche d’un esprit rude,
La marque d’huis au fond… »
Cet esprit rude et cette marque d’huis au fond d’un corridor, ces deux chevrons, mon éminent confrère A. Coia-Gatie les a identifiés judicieusement en observant, non sans humour : « il n’y manque plus que l’odeur pour éveiller l’attention d’un flair perspicace ! »

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