Rusted Cities / 4 poems by Pierre Petiot- Artworks by Zazie


Submarine 2 – Zazie


Fibrilles


Au printemps l’âme est souple
encore vibrante aux saules et peupliers.

Dans les orties débridées titube au péril des terrils
au puéril péril de ses îles fébriles
l’enclos blanc des cloportes.

Verte et mauve effigie
chalumeaux échansons parcourus de phalènes fraîches dans l’ombre
les lilas claquent.

Les écureuils marins
silencieux engins sous les algues profondes
chèvres de rêve
se parent d’un vieux rouge.


Dancefloor 9 – Zazie



Fil

Le sourcil sagittaire

fils de champs de blé qui s’entêtent

dans le velours beige des séries

aux abreuvoirs et aux dentelles.

avez-vous jamais visité les étoiles

l’arpège élucidé.


Chevaux et arbalétriers fréquents

au lent chant nonchalant

des champignons et des juments de couche

rêves qui pourtant s’élancent en assauts d’insolences,

en futilités rances

la gourmette

armée de deux lettres

comme du lait.


Des pompes et des ponts dépend la meilleure eau

et donc

tout l’art

de perdre les pédales dans la vase du lavoir.

Nous irons

la ligne à la main

au fil de l’eau le long du bois.

toute les lignes de la main à la main

à la pêche.


The Fragrance of Honey – Zazie


Hardi mardi

Je ne suis pas, je passe.
Comme l’ombre du miel dans la petite haie
vil brodequin baignant dans le sang blanc du doute
je suis de tout un abandon dactylographe

Le pavé bat de votre nombre.
Vos pensées comme feux follets s’agitent aux candélabres.
Et vos pas qui se meuvent de milliers de boussoles
s’enroulent à mes chevilles pourtant cerclées de fil d’écume
et ils me lient l’esprit autant que les poignets.

Paris est plein de jolies cuisses nues
à la lueur des rêves, à la lueur des réverbères
Nul bonheur hors d’ennui n’y vient luire pourtant
et les chevaux de Frise ne sont pas des Frisons.

Au delà du miroir, la prison.


Abyss – Zazie


Beltaine

Au delà des chaumières aux toits de fourrures tendres

Mais aux revers sévères

Où défilent muets et hiératiques

Tant de chapelets gris et de nœuds de silence

Qui s’exhalent en profonds soupirs des soupières

A travers l’éclat oblique des fenêtres


A l’orée du bois vernaculaire

Où paradent sous les arcades,

Aux revers nocturnes des arcanes des stèles

D’élégantes côtes de baleines

Blanchies, dénudées, oubliées, verdies d’algues.


Tandis qu’un lampadaire parcourt le Hoggar

Puis s‘ébroue

Luminaire toupie tapie sous les murailles bises de Tombouctou

Ou bien reflet de meubles à l’avers roux

Luisant de cette moire insue que susurre la cire


Damnés nous nous offrons de fiévreux rendez-vous

Dans des lits de résilles où nos verbes se nouent

En éclairs bleus sous l’édredon,

Ou en écrits perdus tout au fond des duvets et des plumes,

Où je te lis,

Où je te lie au parfum blanc

De cette fiole fière comme une opale ouverte

Dont mon âme en raies de soie lente

Comme un félin

Feule.


Feule comme nos mots, nos mots démons que mon âme ourle.

En abandons dactyles

En écrits soulevés par le vent qui s’échappent

Du pas ému des dromadaires

Que mènent les marchands de sable.

Effeuiller loin la nuit en miettes de sommeil.


Ton rire éclate dans les tulipes comme une flamme en fuite.

Et brille comme un couteau lancé avant la cible

Tes seins ouvrent les yeux

Des yeux de grive et d’orange amère

Des yeux qui luisent dans tes cheveux

Comme luit l’ombre dans les yeux des chevaux

Lorsque mes doigts se glissent en mors de nuit entre tes dents

Quand tes cils sont boussoles


Tu presses la pédale du rouet où se filent les rêves.

Et mon sang et ton sang s’enroulent

En longs rubans de crêpe rouge

Noués en oriflammes

En ruines fières et cramoisies

Aux anneaux très savants des lombrics

Insinués aux méandres des tubulures du sol,

Là sous terre

Sous terre où tout s’effondre,

Sous terre où les oiseaux ne soutiennent plus le ciel

Et où gît chamarré mon navire


Mais d’où sourdent pourtant encore et toujours neufs

L’ensorcellement des sources

La native blancheur du lac

Et la liberté ineffable et décidée des libellules


D’où sourd enfin nouvelle

Toute l’eau blanche évaporée dans l’innocence d’un jour de Mai

Où volaient le long des veines bleues du ciel

Tes hirondelles

Ces roues de bicyclettes

Que les pacotilleuses de la voie lactée voilèrent.

Abeilles somptueuses

Lâchées dans la noirceur aux fêtes de Beltaine.


September – Zazie

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