On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre / Michèle Bachelet

Michèle Bachelet

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre

Un drôle de miel coule sur notre époque, une parole religieuse qu’on croyait tarie, d’origines multiples et prônant d’étranges conduites, mais à la finalité semblable : conduire la plus grande masse humaine possible pour asseoir son hégémonie sur les autres religions. L’histoire est ancienne : des forces du bien au mal-être social, le Ciel s’est toujours disputé l’âme des peuples, haut-parleurs tonitruants ordonnant les soumissions et les condamnations multiples sur la discrimination du sexe, la culpabilité originelle et l’interdit de la liberté, sur la nécessité de se répandre comme une flaque de sang, dans les massacres et les mensonges, faisant de la vie un bateau dont l’intérêt final est de pouvoir couler.
Comment une fable aussi barbare, en des temps de connaissances qui mènent l’esprit de la merveille ondoyante de la matière aux espaces galactiques, peut-elle revenir sur scène ? Aux pays des aveugles, les borgnes rois gèrent de puissants intérêts, autrement plus concrets qu’une extrême- onction, vierges et verges cumulées, il ne s’agit rien de moins que de gérer, maintenir ou conquérir la civilisation de demain, à tout prix, entendez à toutes vies. Et qu’ont à perdre ceux qui n’ont rien, les oubliés du colonialisme, les exsangues du capitalisme ? Ils se meurent déjà, dans le silence de l’histoire, et voici qu’on fait appel à eux : ruez-vous sur l’infâme ! qu’importe que le commandement vienne lui-même d’un infâme masqué. Des traits de lendemains qui chantent nous avons vécu d’autres utopies qui, autrement bien-nées, porteuses de la fin de la servitude du prolétariat, sont tombées dans la fange du despotisme. Et voici ce fléau religieux qui fauche de nouveau devant nos portes, sa Camarde revêtant déjà les femmes de néant. La liberté des femmes et des hommes n’est pas un grain que l’on moud facilement, on sait ce qu’il advint du boulanger et de sa femme. Foin des barbus et des calottes, demain sera le nôtre.

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