Poèmes par /Gwendolyn De Villeray

1 _

Une femme sans épitaphe 

qui se repaît et s’éventre

nos immondes de leurs lèvres cousues 

s’éveille le glas d’un haute-contre

L’écho éclata par-devant terre 

le chambranle se mit à bousculer les heures 

en éphémères du conclave 

et de synthèse je m’en fis la promesse 

la bagarre serait duchesse à jamais 

Un jour je cueillerai tombes et repose-toi 

affabulations et cisailles

où d’une trempe j’écorcherai mes litanies 

la salve aux carences de ces orgues

Pleutre je naquis 

la visière à peine égérie du gouffre 

nos enclaves se mirèrent 

surplombant d’une dalle leur fournaise 

Mâtin s’avéra décoction 

de haïr bleus et cordes

la filoche aux extrêmes du temps

Ils sentirent cette farouche

ce dédale aux broussailles

et moi

la rage qui s’exorcise

je hurle telle une condamnée

l’épave hagarde et palsambleu

en fil d’écrin

19 6 2019

Gwendolyn De Villeray

2

Écraser de mes noirs l’idiot 

la sépulture s’encrasse à fond de plaque 

où ils virent et filous m’écartèlent 

le crâne engoncé par ces curés de noces 

Ils trépanent l’aqueduc de ses mentors 

et en impossible de vivre le bleu du couloir 

où fous et cadavres se côtoient 

je suis la panoplie du rat 

Je tuerai les pals et leurs extases 

les alpaguerai de déclenche 

le miroir si innommable que j’en suis le graveur

l’étal de pacotille

Je vaquerai à ces oboles de foutre-dieu

toujours en scandales l’éclat

et le pucelage de nos culs-bénits 

j’apostropherai mes scalpels en transes

Le piédestal s’écorche çà

flingue en main je vouvoie la mort

rictus de mangrove

Je veux retourner participe

l’édile de nos rottweilers

clinquant du fouet l’adipeuse

De mes jours aux esclaves 

de leurs surins aux bataves

plus qu’une corde 

Et de ces escarres qui me persécutent

je hurle à cri-vent

le verre de fatras

20 6 2019

Par / Gwendolyn De Villeray

3

Avoir cette douleur qui me tanne 

l’enfouir à nos foudres 

chaque fois plus recadrée 

en gorgone du temps 

Exécrer un futur de liesse

et de ses cadratins je m’oxyde 

les isthmes à fleur de tronc 

Ils courent 

escamotent nos anthrax 

piétinant mémoires 

vipères ecclésiastes

tandis que je décapite l’incruste du mort

Et eux nous pourchassent 

partis de je ne sais quel hymen

ou quand l’ailleurs se fond 

Je harcèle 

mijaurée du siècle 

rivesaltes à l’opprobre du quant-à-soi 

perdu disséminé je me tais

l’œil vaillant 

alors que nos criques font mouche 

en opales du désir 

23 6 2019

Par / Gwendolyn De Villeray

4

À peinturlurer mes serres l’aube du quinconce 

exaspérée d’un croître 

la femme se délite 

cicatrice d’une horde 

La déception en nos syntagmes 

accroche hurlante de peur 

je me consume 

aux essences d’effroi 

Clamser et vider l’outrance 

briser menu ces membres d’asphalte 

qui parcourent les vivaces et les cois

mes sangs au chemin du vautour

Il dépend mes fourches

je harangue lotions et pisse-froid

haletante ce coquin

Et si de crever m’emparait 

face aux fuites aux leurres 

aux détracteurs 

elle s’empourprerait inaliénable 

et mes empans se feraient crin

30 6 2019

5

Où êtes-vous 

heaume de nos instances

le fier 

l’acropole aux psychés de nos reins

Qui oserait  bafouer ces clairs-obscurs 

en trépignements 

en noces

Qui nous regardera 

le bonjour d’une icône aux solstices 

Je te livre de ma vie l’esclandre 

la caillasse et de nos cris l’heur 

À jouer les griffes je furette

cogne mes désirs sur tes hémistiches 

m’en retournant aux sans-minuit 

Te lire 

Te vivre corps à corps 

je musarde entre nos mains tes lèvres 

mon amour 

De leurs failles 

je finirai par en occire l’assaut 

Et de dilemmes en beffrois

nous partirons

la fureur au cratère de sang

Par / Gwendolyn De Villeray

6

J’ai croqué là-bas 

haï encontres et moi

persécutée de sale manière 

je me ressasse désormais l’impuni

Tuer de merveilles apocryphes 

je m’efface devant les truismes qui m’hébergent 

hameçonnée au pourtour 

et j’invective mes bras de vertige 

J’épouserai le laps du vent 

avec mes cohortes et mes diables

nos chrysalides et nos rengaines 

brisant menu leurs effrois 

J’attaquerai 

mors-aux-dents 

l’haleine de sa stèle et de mes outrages 

tandis que la déception me prend 

en fracture d’absolu

À partager une douleur qui se terre

à inhaler les écarts 

je te broie

te brise tangentes 

le vitrail à peine écorché

Tu es mon orfraie

mes sortilèges

la Maria aux accords du lynx

Je te hume l’oracle ébloui au fil de nos chimères

impatiente

le piédestal en deçà 

Tes phalanges déracinent mes plaies

et de leurs suées en sucs

je me rétame

fière tout à la fois

7

La plume se calfeutre 

l’éclat en plein spasme

je m’écarte me luxe et me hais 

Accablé il m’égorge méfiant

et de nos corps enlacés 

les dilemmes 

le dédale aux miroirs 

Les cris de grappes au gendre 

les escapades et leurs retors 

à planquer nos souffrances

nos yeux se faufilent entre vous 

Et de leurs rituels aux raisins 

de nos pavois

les hérissés s’amoncellent 

l’instance le justaucorps

les curés piétinés à loisir

Dis-moi où se retrouvent nos ongles

ventre à terre je m’y élabore quelque clé

et de duchesse en cours-la-main

je t’ébranle

tu me bouleverses

à l’heure où s’écharpent diantres et terreurs

À toi mes guichets

mon santal

À vous

le stentor du parchemin

la délicieuse faribole

d’une vipère qui vous jette un sort

27 7 2019

Par / Gwendolyn De Villeray

8

Il s’assied sur les obus qui font halles 

la mort endimanchée m’interpelle 

et Remarque qui me submerge 

De la folie aux écarts 

le luth me persécute révulsé en un pas de l’oie 

où les terrils d’estropiée se damnent

Le parcours m’échappe 

je lui cours après 

À sembler le paraître d’une guitare 

à sangler les escarmouches de mes autres 

les ruines d’une idole 

Et je harangue ce fielleux où qu’en soit la mort

et je vitupère crescendo la désarçonnée 

du charnier les colverts aux crédences

Je le tue encore

le retirant de cette case où chahutent les malfaçons

brisée entre plumes et poisons

Je retourne dans mes cubes

vomis toutes mes haines de l’homme

Les tables ne tournent plus

les grands-ducs se perdent en litanies

et je me perds

le gouffre ancestral au miroir

4 8 2019

9

J’ai jeté le littoral aux volcans 

l’ignare et le sanglant 

partout s’en vinrent méninges et ouvroirs

qui mirent ma vie au fusil 

Un jour que j’allais de feuillus à cadence 

ils me violèrent les hachés menu

alors que tant piétinaient l’orage 

Crever mes tympans d’ivrogne 

bascules et malandrin au pourtour 

et hurler de leur arrogance l’instant 

à cogner de l’étal la liesse 

Mes hargnes et mes Bosphore

les calendes aux écailles du siècle

Je

la mitraille au poing

pourfendant leurs sinus d’apparat

Ils regardaient hébétés la ligne 

le frontispice du tocsin

Dès lors

claquant les fouets je les brisai

même le factice devint charogne

En piètre radar

je lui écrivis mes crimes

susurrant la harpie ou l’outrance

et de nos griffures s’enquirent les pâles effrois

10 8 2019 

10

Armée d’une tombe qui se tient 

la crinière accorte et sculptée 

je rugis le mouvement 

les égarés et les reins

Obsolète j’en prends mon parti 

les molosses aux palefrois d’antan 

qui s’évaporent

 l’instinct du cal

Debout 

débordée par un gouffre qui ne souffle mais 

en baudrier je frappe et fouette

la calanque du vers 

La perle se pare de conjectures 

enrouée d’une calebasse à notre amour 

et tu puises en nos refrains les pistoles 

les souvenirs arrachés 

les douloureuses et leurs armes 

Je t’aime au crime 

aux quatre coins de nos pistils 

Langoureuse je crie à la vindicte 

les hérauts en fiers-à-bras 

alpaguant la Fiancée du noir

1er septembre 2019

11

De la paranoïa au poids qui se libèrent 

malgré ces apostrophes 

ses vindictes et nos outrages 

Plus d’exergues ni d’orge

les ongles m’arrachent un piètre qui se tait 

simple bobard opalescent

Et de surins en crânes 

paltoquets la carence 

Qui leur contera nos latitudes 

mes blasphèmes en sentences 

Je surprends la montre 

l’esquive sans contre 

Du haut d’un cortex qui se broie 

je retourne la dague

Un chacal se meurt 

nos apesanteurs aux calvaires 

Qui de nous trois ose se targuer de failles 

l’abrutissement des unes

les escarres aux balbutiements du jouir

et de nos soleils entrevus

ma mémoire s’enfonce encore

8 9 2019

12

Je crève tous les abcès de ma vie 

de vis en détour la flaque blêmit 

l’épi ailleurs 

le carreleur en cadences

et mon corps qui te suit

Le miroir qui se dame le Vésuve

d’alexandrins ou soumise 

J’abhorre ses crimes et leurs dilemmes 

nos exhortations à tout poindre 

De toute hystérique s’en vint l’horreur 

les pillards démembrés ou sépulcres 

et les ventres à jamais ciselés 

l’ivoire en palpitations d’antan 

Mes doigts se charcutent

les heures et les crans aux portes du rire

l’ignominie d’une étreinte 

aux orgues échancrées de satin

À percuter le charivari

À blasphémer les coudraies peu m’importe

sinon de quelque vase en chevelures éparses

Ma glotte s’immisce 

émettant en tes reins les potron-minet du diable

et de la traverse qui s’épuise

je hume tes caresses

à l’épicentre de leur boudoir

13

À crever les solstices du pouvoir aux montres 

carnassière je brise tous les apparats 

pluies et corneilles en tempos 

l’irruption de nos décors 

Pierre Henry s’extirpe 

Nous dansons et nos guenilles se font macabres

du tourne-vent à l’espiègle 

Impitoyable je crache leurs ficelles à revoir 

poutres en main 

l’esbroufe aux sursauts d’une proie 

Et je me calfeutre 

Et j’alpague qui de droit 

escrocs ou tamanoirs 

L’engelure fébrile enfin 

À valdinguer psychés du cri

rodomontades ou esclaves 

je tire à tout-va  les gens qui ne savent se taire

alors que poèmes et traits s’inscrivent 

aux confins de sa douleur 

Je l’aime 

des écluses de ce Nord aux pastiches du passé

Je lui offre mes griffes et nos rires à cordes

en stigmates du val

Et sorcière des tombeaux

je vais croupir

où les pierres m’ordonnent

Un paraître de l’oblong qui se désagrège

la parole se targuant d’un blasphème

Et lui

saignant de ses mots qui se dispersent

ivre de serres 

d’éclats d’âme

m’enserre enfin 

à l’extrême de nos nuits

6 10 2019

14

D’épouser ses virevoltes au suc du lièvre 

l’accès restreint qui mieux que lui nous observe 

je chevauche en rien une rue 

l’araignée et le bouc

les symptômes du temps 

Et celles-ci qui me bouffaient carotides ou pigments 

s’en reviennent 

se faisant bafouer le tyran

aux désidératas de la mort

Percluse j’explose de nos poumons la carne

ce rythme

et de retour aux aujourd’hui d’autres siècles 

je t’arrache reins ou collusions qu’importe 

La bacchanale dévoile ses otages 

Je l’excuse et lui claque les sanguinaires 

hirsute en mal de crâne 

Alors je tabasse l’effroi 

piétine et sursois l’arrogance au piètre 

et la nuisance se noie 

la vilipende en piédestaux

16 10 2019 

15

Des heurts les crises reviennent 

retour aux ballotins

les faîtes d’un carquois qui crève 

Je croyais les vicissitudes 

tournais encore entre lynchages et peurs 

je jonchais ses lèvres aux patines de la mort 

et de mes doubles trèfles

ils n’en retinrent que suies et pourchassés 

À mille lieux de cet enfer

les ligaments s’apostrophent

haïssant menu le parloir de l’auburn

et d’écrivaillons en branlebas 

je tabasse les sourcils qui mugissent

la carotide à peine exhibée

De nos escarpins aux longues heures 

il s’en vint rouge 

percutant de nos aboiements les diables qui frisaient le désespoir

Et je me retourne 

en apostrophe du vent à l’étal 

nos sanguinaires excités virent tout de go

des carnes et acrostiches

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