Cristina Botta/ Poèmes Surréalistes français de la poétesse et peintre italienne

 Le péché.


   Le péché de ma vie  

 est le péché de la parole

    quand le souffle

    de mon âme

    trahit la vague 

   de ce matin.

   Je plonge là…

avec mon habit   

le plus élégant 

   où l’infini m’accueille

   avec ses chaussures brillantes 

   et pointues, 

 prêt à m’ouvrir les portes 

   de l’avenir. 

 De nouveaux mots me serrent 

 déjà la gorge, 

 perdus,

   moi et eux,   

dans ce vent étrange.

– Le signe du pinceau.


  Le signe du pinceau

   est un signe perdue, 

c’est le signe de l’instant  

qui laisse la magie

  sur la surface sans visage.

  Il passe au-delà du regard et de la pensée.

  Il reste immobile

   comme l’équilibriste

   qui ne peut se permettre 

  de descendre  

avant la fin.


– L’enfance de la nuit.


  Je poursuis l’ombre oubliée 

 par la lune 

   qui transforme

chaque couleur

    en noir qui danse. 

 Les visages ressemblent

    à des âmes qui parlent  

 sans bouche. 

 Ils retrouvent le cri antique 

 que personne

    n’a jamais cherché.

 – Le rêve de l’équilibriste. 

    Le ciel s’endort 

 là, où les fils de la nuit 

 me serrent plus fort et

   m’obligent à réciter

    dans le théâtre vide. 

 Ma tête  

 que la lune a arrachée 

 aux traits oubliés de mon passé

   tourne aussi. 

 Je suis nue 

 comme le veut le vent sombre 

 qui remue les dentelles 

 dont je rêve de m’habiller. 

 Et les murs tout autour

   tournent en appelant  

 mon nom, 

 fantômes silencieux  

 que je sens 

   m’applaudir encore.

– L’archéologue.


  Dans la maison

devant moi 

vit un archéologue 

  il déplie les tentes

   lorsque le soleil est moins lumineux  

Il sort d’un pas qui

  lui rappelle le passé, 

lent et silencieux, 

vers un magasin au bout de la rue.

  Une fillette

  aux cheveux blonds de lumière

   le salue du balcon

   il lève le regard

   un instant 

  comme lorsque les étoiles brillent 

avant de tomber  

dans le noir de la mer 

  qui les veut   toutes pour elle.


– Le souffle Surréel.


  Le silence de la nuit 

tombe sur mon visage

  comme un souffle d’éternité

   qui creuse

   les empreintes

   laissées par mes rêves.

– Le nouveau désir.


  Un mot 

se promène

sur ma langue

  prêt à traverser la salive 

qui exhale mon désir d’être l’autre, 

face à moi, 

reflet opaque de chaque trait du visage 

dont mes yeux

  perçoivent l’absence.

– Le navire.


  Un navire

   ancré à un rayon de soleil.

  Les voyageurs 

  sortent comme des traces de rêve  prêtes à voler. 

Les branches des arbres  

ondulent 

  dans leurs voix lyriques.

  Les yeux- enfants  

ouverts   á la vie.

– La queue.


  Une queue 

  de chat 

  a dessiné

   la lumière

   sur les rides

   d’une dame sans passé.

  Elle regarde

   sans savoir

,  comme un enfant

   qui caresse l’abîme. 

  Il neige,  sur ses cheveux

   enchantés.

*********

– La rue.


  Une rue  m’a parlé 

  de la vie qui passé 

entre ses brasses.

  Les paroles 

abandonnées sur les bancs. 

Les ailes des oiseaux 

  ouvertes sur le soleil.

  Un vieux chien

  assis comme un destin  déjà lu.

  Un prêtre  

avec ses pas 

  incertains de Dieu. 

Les pensées

   courent  

où le crayon 

  a commencé son monologue.

Cristina Botta.

( Torino, Italie )

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